Tout plaquer pour vivre dans les îles ? Oui c’est possible ! Retrouvez ici tous les témoignages de personnes qui ont sauté le pas et se sont installés en Martinique. Célibataire, couple ou famille, ils vous disent tout sur leurs nouvelles vies au soleil.

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Vivre en Martinique : ils vous disent tout !

Découvrez à travers ces témoignages, le quotidien de ces français qui ont tout quitté pour vivre en Martinique. Joie ou désillusion, ils vous disent tout !

Un tel départ implique quelques préparatifs : entre la recherche d’un emploi, d’un logement et le déménagement, on peut vite déchanter ! Sans compter l’installation et la vie bien après. L’éloignement avec la famille et les amis, l’intégration dans un nouvel environnement avec une histoire et une culture différente, la vie chère … Tous ces paramètres sont à prendre en compte avant toute décision. Et oui, être en Martinique pour les vacances ou pour y vivre, ce n’est pas du tout la même chose !

En tout cas, pour beaucoup d’entre eux si vous leur posez la question,  ils vous répondront qu’ils n’échangeraient pour rien au monde leur nouvelle vie en Martinique.

Témoignage de Stan en Martinique depuis 20 ans


 

Le 16 janvier 2019

Bonjour Stan, peux tu te présenter et nous dire pourquoi tu as choisi la Martinique ? 

Bonjour, je m’appelle Stan. J’ai 34 ans, martiniquaise d’origine et je viens de la banlieue parisienne. Cela fait 20 ans cette année que je suis venue vivre au pays. Ma maman a obtenu après d’énièmes tentatives sa mutation, et je finissais mon collège à cette époque. J’allais forcément changer de lieu pour poursuivre mes études, et d’un commun accord, toute la famille s’est embarquée pour cette nouvelle aventure.  Comme j’ai tendance à le dire jusqu’à maintenant « Je n’ai pas trop hésité à choisir entre une vue de mon école sur les chemins de fer de Rosny, et une vue plongeante sur la mer de mon nouveau lycée». Il est vrai que j’étais partie sereine car j’ai de la famille ici ; de plus l’aspect « carte postale » attire beaucoup, et j’avais la nostalgie des moments passés en vacances. 

Parles nous de ton déménagement, si tu t’en souviens ?

Mon frère et moi sommes partis avec ma maman avant pour emménager et préparer tout sur place, afin que mon père nous rejoigne après la fin de son contrat. Je l’admire pour ça d’ailleurs parce qu’il n’a pas hésité à soutenir sa femme dans ce nouveau projet, aspirant lui-même à retrouver ses racines.  Et nous voilà partis pour « l’ile aux fleurs », suivis quelques semaines après par des camions de déménageurs et d’un de nos véhicules.  Nos valises étaient posées alors dans la commune de Fort-de-France.  

As tu réussi à t’intégrer facilement ? As tu des conseils à donner ?

Mais il ne faut pas se leurrer, car même si on est antillais on se doit de s’adapter à « la vie » aux DOM TOM ; car cela n’est pas inné ! Les congés bonifiés tous les 3 ans nous avaient fait voir les avantages, bien évidemment, mais y construire son avenir c’est une autre affaire ! Mon ile de résidence en effet a beau être magnifique, mais il faut tacher de se fondre dans la masse ! Lorsqu’on sort du 93, avec un accent, sa façon de parler, d’agir, et de se vêtir, on nous reconnait à dix kilomètres. Alors démarrer une année scolaire, était d’autant plus intimidant.

Sur le plan relationnel disons que le conseil que je pourrais donner aux « nouveaux », serait de rester humble et ne pas mettre trop en avant son côté « parisien » avec un ton arrogant et supérieur ! Mais entre nous, je crois que c’est le cas n’importe où et pour n’importe quelle situation.

Et l’école, comment c’était ? 

Ce qui m’a le plus étonné en fait, c’est l’écart que j’ai vécu au sujet des programmes scolaires ; alors qu’on m’avait fait comprendre que c’était identique ou que j’avais de l’avance ! Ma première claque a été de devoir me remettre au niveau parce que les autres de la classe avaient eu des bases plus poussées dans certaines matières. Nouveau défi mais avec du soutien et de la persévérance, j’ai pu m’en sortir. Il y a eu beaucoup de réformes entre temps donc renseignez-vous. 

Et côté travail, as tu trouvé un emploi facilement ? 

A l’âge adulte, j’ai dû faire face au monde du travail ; et malgré quelques difficultés, liées au manque d’offres dans nos iles,  j’ai pu avoir un parcours professionnel assez rempli durant plus de 15 ans principalement dans la vente et l’accueil. Il faut avoir bien sûr de la volonté et une grande motivation, tout en gardant en tête que rien n’est acquis dans la vie et qu’il faut se battre pour avoir ce qu’on veut. La Martinique n’y fait pas exception.

Que peux tu nous dire de ta vie en Martinique ?  Comment sont les martiniquais en général ? 

Le cadre de vie me convient, et je suis d’avis que pour ce qui est de la mentalité, on l’accepte ou non ! Les gens me font rire lorsqu’ils me demandent d’un ton étonné: « Comment se fait-il que tu ne veuilles pas retourner vivre en France, alors que tu y es née et qu’il y a plus de facilités ? ». Au début, je rétorquais donc avec un accent tout neuf de martiniquaise-banlieusarde, que je me suis adaptée c’est tout.

Quant à la première « makrèle » (personne trop curieuse, je traduirais ainsi !) que j’ai connue pour être honnête, était ma voisine métropolitaine de palier dans l’immeuble ou j’habitais plus jeune ! Comme quoi ce n’est pas l’apanage des Antillais ! Je me suis faite des amis, des relations sentimentales et connaissances au boulot qui m’ont aidée à voir surtout les Martiniquais sous leurs bons côtés ; et  principalement cet esprit de solidarité et de partage (ils restent des êtres humains comme tout le monde vous savez avec leurs qualités et leurs défauts !).

Je tiens à manger local, boire local, et à me sentir aussi bien que possible dans mon nouvel environnement. J’ai d’ailleurs eu une attirance pour le domaine touristique, pour aussi prouver aux gens de l’extérieur que nous avons beaucoup de belles choses à offrir ici et pas seulement un mauvais caractère ou un manque de sérieux ! Il y a des personnes très compétentes et un gros vivier de talents dans nos régions d’Outre-Mer ; et malgré cette petite nonchalance qui nous colle à la peau, nous savons faire preuve  de savoir-faire et de professionnalisme.

J’ai entendu tellement de clichés négatifs mais personnellement  je ne me fie qu’à ce que je vois et ne généralise pas. Vous devriez en faire autant.  Un exemple d’ailleurs qui m’a le plus marquée, c’est la première fois que je suis rentrée dans un bus et que le chauffeur et les passagers m’ont dit bonjour ! Il est vrai que je n’ai pas connu de souci de politesse ou je vivais avant, parce que nous nous connaissions depuis petits et étions du même quartier ; mais aux Antilles, je dirais que c’est dans notre culture. Mes retours de vacances en Métropole par la suite, ont été du coup, décevants pour moi surtout sur le plan humain. Ce côté « speed », détaché et très froid me laissaient un gout amer. Mes bons et chaleureux souvenirs s’étaient envolés avec les habitants et amis que j’avais quittés… 

As tu eu l’occasion de voyager depuis que tu vis en Martinique ?

J’ai eu la chance de beaucoup voyager depuis que je suis ici, en profitant des plaisirs des iles voisines de la Caraïbe et de la Guyane ; mais j’ai aussi cherché à aller beaucoup plus loin avec l’Asie et l’Inde. Ces expériences ont été très enrichissantes et éprouvantes physiquement car malheureusement il y a un monopole sur la desserte aérienne, et deux vols de plusieurs heures aller/retour avec un passage forcé sur Paris.

Mais ça a été sans regrets, parce que ça m’a apporté une plus grande ouverture d’esprit. Le CMT et l’aéroport Aimé Césaire veillent d’ailleurs à élargir et à faciliter nos trajets ; et pour les amoureux des croisières, les départs de Fort-de-France sont de plus en plus courants. 

Parles nous de l’île ! Quels sont tes coups de coeurs ? Les difficultés que tu as rencontré ?

Je profite tant que je peux des atouts de notre ile, et le soleil est devenu mon allié. La Martinique est une destination complète où se mêlent une nature luxuriante et une faune diverse (vous pourrez le constater en visitant notamment notre jardin de Balata ou encore notre zoo du Carbet), la mer et ses sports nautiques font le bonheur des amateurs de farniente et des beautés océaniques, la montagne et les rivières connues et reconnues, l’histoire et la culture et bien sur ses rhums AOC …

J’aime vivre ici non pas pour sa population mais sa qualité de vie, même si ce n’est pas facile tous les jours avec la vie chère ! J’ai fait quand-même des économies sur les vêtements et chaussures, et ne regrette pas mes bonnets, doudounes et autres chaussures fermées ! Toutes nos traditions me font me sentir chez moi, avec entre autres, notre carnaval unique en son genre (février ou mars), Pâques avec ses crabes et son «matoutou», notre « Tour des Yoles rondes » (juillet-aout) qui fait notre fierté à travers le monde, et la fin d’année avec ses chantés nwèl qui réchauffent et rassemblent. On a beau essuyer des cyclones et problèmes de chlordécone, de sargasses, ou encore de moustiques, je n’échangerais ma place pour rien au monde ! La joie de vivre des Martiniquais n’en reste pas moins intacte ! Et les offices de tourisme se feront un plaisir je pense de vous informer davantage.

Et pour finir, as tu des conseils à donner aux personnes qui souhaitent s’installer en Martinique ?

J’ajouterais qu’il faut s’installer dans un pays en connaissant bien évidemment les avantages mais surtout les inconvénients pour soi et ses proches ; et ne pas faire de continuelles comparaisons qui n’ont « ni queue ni tête », parce que regardez bien sur une carte du monde, nous ne sommes que des points face à une géante !!

Si vous vous plaisez davantage dans de grands espaces et imaginez le même confort que sur le continent que vous pensez abandonner, changez d’idée ! Alors oui, il vaut mieux avoir son permis et une voiture pour mieux circuler, car il y a encore à faire niveau transports en commun, oui  il y a du chômage, mais il faudra du temps pour y pallier, et un budget conséquent. Cependant la population s’en sort malgré toutes ces contraintes et c’est là notre force. C’est tout le malheur que je souhaite aux nouveaux arrivants : une vie ensoleillée où ils s’y sentent bien et épanouis.  Merci de votre attention, LS.

Merci à toi d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Témoignage de Virginie P. en Martinique depuis 6 mois


Le 13 janvier 2019

Coucou, je m’appelle Virginie, j’ai 37 ans et je suis installée avec ma famille en Martinique depuis aout 2018.

Nous sommes originaires de la région centre mais pour des raisons pros, nous étions en Île de France. Et oui, avoir un mari militaire, ça implique de bouger. Rien ne nous destinait à cette vie et pourtant … Il y a quelques années, l’envie de bouger s’est faite sentir. Nous sommes parents de deux merveilleuses filles de 8 et 5 ans et le stress permanent de cette vie en région parisienne est devenu tellement oppressant qu’il était temps de prendre une décision.

Et c’est là que le métier de Mr nous donne une merveilleuse opportunité. Il a fallu réfléchir et discuter avec mon mari car partir en outre-mer avec deux enfants, ça se prépare. Et finalement, le bilan de nos 10 années en Île de France, nous a vite montré qu’on était capable de bien plus que ce qu’on imaginait. Cette vie était si pesante, stressante, dans l’angoisse permanente sans compter une mauvaise qualité de vie pour nos filles. Si on pouvait supporter ça, on pouvait tout supporter par la suite.

L’annonce auprès des proches s’est faite et on peut dire qu’on a tout eu comme réaction de leur part (la tristesse, la peur, la jalousie, l’abandon, le dédain…). Mais nous étions tellement sûr de nous, sûr qu’on offrait une expérience formidable à nos enfants que nous n’avons pas reculé. Mr a donc eu son autorisation de mutation professionnelle pour l’outre-mer et la destination retenue fut la Martinique.

Ensuite il a fallu organiser le départ. Tout d’abord le déménagement :

Nous avons lu des avis qui circulent sur les réseaux sociaux et consulté plusieurs plaquettes publicitaires qu’on avait également reçu. Nous avons vu seulement deux prestataires et avons fait notre choix selon plusieurs critères :

– D’abord, le feeling. Ça parait bête mais on a décidé de faire confiance à notre instinct.

–  Ensuite il a fallu voir les prestations proposées et là, on a vu de tout. L’important est de savoir ce qui nous convient le mieux et qui sera le plus pratique. Par exemple les dates prévues pour le départ de la caisse maritime (trois semaines de différence et surtout un qui nous dit « quand vous savez votre date d’affectation, vous nous appelez car premier à appeler, premier servis » ! Heu pardon ? ……………. Next). Ensuite, caisse individuelle ou caisse partagée (comme on voulait la voiture dans la même caisse que nos affaires, on a choisi la caisse partagée car plus de place). Le prix pour la prise en charge du véhicule (là encore, on voit de tout). Et enfin le lieu de prise en charge de la voiture (un qui nous prenait la voiture devant chez nous et un autre qui la prenait super loin donc belle galère pour emmener la voiture et revenir ensuite).

– Autre point, le prix du garde meuble car nous avons laissé pas mal de meubles en métropole. Après avoir vendu ce que nous ne voulions plus ou les meubles de faible valeur, il a fallu stocker le reste notamment la literie et les meubles de salle à manger. A partir de là, nous avons fait un point dans chaque pièce pour savoir ce que l’on emmenait, ce que l’on vendait ou ce que l’on mettrait au garde-meuble. J’étais prête à faire un sacrifice concernant mes affaires par contre, pour mes enfants, je voulais conserver le maximum de choses pour qu’elles retrouvent leur marque sur place.

Nous sommes donc partis avec environ 11 mètres cubes et la voiture chargée à ras bord. Franchement j’avais très peur car nous avons été assez gourmands et puis finalement, 11 m3, je n’imaginais pas trop ce que ça pouvait faire. Et en fait, ça fait pas mal ! J’ai essayé de faire stratégique en pensant à l’avance à ce qu’on apporterait dans nos 8 valises de 22kg et nos 4 valises cabines de 11kg.

L’arrivée sur place a été magique, on avait l’impression qu’on allait vivre l’esprit ” vacances 24/24h”. L’accueil a été génialissime, les gens ici sont tellement gentils, chaleureux et serviables. Voila un commentaire que j’ai posté quelques jours après notre arrivée :

” Depuis quelques semaines en Martinique, je peux dire qu’il y a des choses que j’apprécie ici et qui risquent de me manquer quand on va devoir rentrer :

– quand tu te balades tout le monde te dit bonjour,
– au marché, une dame adorable vient te faire la présentation des étals et t’embrasse pour te dire bonjour,
– tu repars toujours avec plein de fruits/légumes en cadeaux,
– le goût des fruits, des avocats hum un délice,
– tu ne sors pas de la voiture pour faire le plein d’essence,
– faire le repassage avec la clim : le pied !
– pas de prise de tête pour savoir comment tu t’habilles : un short, un débardeur c’est réglé,
– pas de brushing,

Et j’en oublie sûrement …

Le mot de la fin : Avant de partir, renseignez vous bien sur les possibles difficultés rencontrées sur place et s’y préparer. Car c’est important de savoir que malgré l’aspect “carte postale”, il peut y avoir certaines problématiques. Mais rien d’insurmontable non plus …


 

4 commentaires
  1. Bien , très bien Mademoiselle, moi je suis retraité je ne pouvais plus supporter la mauvaise humeur des métropolitains , donc en 2016 je suisvenue sur l’ile des revenants , trouvé un appartement pour l’année et décidé de rester là , ou j’ai trouvé la bonne humeur les sourires les bonjours et la chaleur et la beauté de l’ile ….

  2. Votre témoignage me rassure et me donne tellement envie . Je rêve de tout plaquer et de monter une maison d’hôte en Martinique. Je suis tombée amoureuse de cette ile !!! Tellement que j’en ai eu le cafards d’être rentrée pendant des mois…
    Mon mari me Dit qu’il connaît des martiniquais qui travail en France . Il paraît qu’ils sont pas tres accueillants avec les blancs qui s’y installe.. alors qu en y étant allé deux fois je n’ai jamais vu cela ! Après nous étions en vacances.. mais je vois que personne ne parle de ça ici et au contraire vous parler d’un super Acceuil.
    Alors qui sait un jour nous partirons aussi!
    Super témoignage !
    Combien de temps pensez vous y rester ?

  3. Félicitations …………mais ayez quand meme une petite pensée pour les locaux qui voudraient rester au pays mais qui n’y trouve pas de travail,et son forcé de s’expatrier…..!!!!!!!

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