Enfant, j’attendais patiemment le mois de mars pour aller cueillir des asperges sauvages avec mes parents. Chaque année, on partait donc dans les sous-bois ou dans la guarrigue, du côté de Narbonne, et on se mettait en chasse. Chacun avait un sachet ou un petit panier en osier où l’on déposait nos victuailles. Et c’était à celui qui ramasserait le plus d’asperges. Chacune de nos petites escapades étaient ponctuées d’anecdotes : à chaque fois mon père s’amusait à s’enfoncer dans la forêt et on le perdait de vue. Et biensur lorsqu’on avait terminé, on mettait bien une bonne heure à le retrouver. Surtout que c’est lui qui avait les clefs de la voiture … Une autre fois, je me rappelle avoir trouvée la plus grosse asperge de ma vie. Elle ressemblait beaucoup à celle que l’on trouve sur les marchés ! On avait sorti un couteau pour la déterrer soigneusement. Mais finalement on l’a laissé là, la reine des bois. A l’époque, c’était facile de ramasser des bottes d’asperges. On en avait tellement qu’une main ne suffisait pas à les tenir. On n’avait même pas besoin de s’engager dans le sous-bois, elles attendaient patiemment sur le bord des routes. Aujourd’hui, c’est différent.

Début avril, on a profité d’être chez mes parents pour amener le petit faire sa première cueillette d’asperges. C’est fou comme les choses changent. J’ai à peine reconnu le coin où on allait quand j’étais jeune : une bonne partie des arbres avaient disparus ou pliés suite à une terrible tempête il y a de cela deux ou trois ans. Avant on n’apercevait même pas le ciel bleu, on était entouré de pins un peu comme dans une forêt obscure sortie tout droit d’un conte. On avait notre petit sentier qui menait à notre coin secret, à l’abri des promeneurs. Mais tout ça, c’était avant … Maintenant, notre sentier n’existe plus et les asperges se font rares. Malgré tout, j’ai pris plaisir à partager ce moment avec notre fils même si notre butin c’est résumé à une dizaine d’asperges. On pouvait lire la joie dans ses yeux : on aurait dit un petit aventurier explorant des terres inconnues, à des années lumières des forêts tropicales de Martinique. Et puis, pour la petite histoire, mon mari n’avait jamais ramassé d’asperges de sa vie ! C’était donc une première pour lui aussi. J’ai donc expliqué à mes deux élèves que l’asperge sauvage est en fait toute fine et d’une couleur vert tendre tirant parfois au violet. On la trouve souvent autour d’un plant d’asparagus, et surtout autour des oliviers. Je vous raconte ça parce qu’en rentrant chez mes parents, on a déniché tout un tas d’asperges dans leur jardin au pied des oliviers.  … Comme quoi parfois, ça ne sert à rien d’aller chercher bien loin !


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Où ramasser des asperges …
Si vous êtes du côté de Narbonne, le Domaine de Moujan est un chouette endroit pour se promener dans la garrigue. Il se trouve en direction de Gruissan. Pour ramasser des asperges, je ne vais pas vous donner nos petits coins secrets mais si vous cherchez bien, entre le mois de février et d’avril, vous devriez en trouver quelques unes.

Dans la même série : 
# Narbonne | Balade bucolique dans le centre-ville

 

Et vous, êtes vous déjà allés ramasser des asperges sauvages ?
Je vous dis à très bientôt sur le blog,

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